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L'histoire


Introduction

Mon nom est John Watson. J'ai l'immodestie d'espérer qu'il vous est peut-être connu à travers les récits où j'ai relaté les aventures qu'il m'a été donné de partager avec le grand Sherlock Holmes.
Mais cette fois, mon propos est plus grave. J'ai écrit ce carnetuniquement dans le but d'aider de monmieux les chasseurs d'énigmes qui selancent à nos cotés à la poursuite de Moriarty.
J'espère qu'ils y trouveront ici ou là des éléments utiles pour leur quête, et si c'était le cas, je serais satisfait d'avoir pu les aider, à mon humble niveau, à combattre les forces du mal.


Prologue

Pour comprendre l'histoire que j'ai entrepris de raconter ici, il convient de se remémorer le combat titanesque qui opposa Holmes à Moriarty au cours des années récentes. Cet affrontement devait trouver son terme au cours de l'hiver 92 qui vit le démantèlement de la bande de malfaiteurs la plus puissante que l'Angleterre, et probablement le monde, n'ait jamais connu, tous les membres étant tués ou capturés par la police.
Moriarty lui-même, à l'issue d'un duel sans merci qui l'opposa à Holmes, disparut dans les flots tourbillonnants d'un torrent en crue, et la police conclut quelques jours plus tard, lors de la découverte d'un cadavre méconnaissable, au décès du plus grand malfaiteur de l'histoire.
Holmes restait plus circonspect. Que le cadavre fut méconnaissable après plusieurs jours passés dans les eaux déchaînées n'était pas complètement illogique, mais cette fin trop facile le laissait sceptique. Il mobilisa tous ses réseaux d'indicateurs, et guetta pendant des mois le moindre signe qui aurait pu laisser présumer que Moriarty avait survécu. Plus le temps passait, plus il apparaissait évident que cette attente était vaine, et Holmes sombra progressivement dans une de ces crises de mélancolie qui le submergeait quand aucune affaire de quelque intérêt ne venait solliciter son intellect avide de défis.
Imaginez mon étonnement lorsqu'il fit irruption dans mon cabinet, deux ans jours pour jour après la disparition de Moriarty. Il n'avait pas bougé de sa chambre depuis près de six mois ; la veille encore quand je l'avais quitté, il était dans un état d'abattement des plus absolus.
- Watson ! « IL » est vivant ! Mes informateurs ont retrouvé sa trace à Paris. Faites vos valises, nous partons !
Deux heures plus tard nous faisions route pour Douvres, et je ne savais trop si je devais me réjouir que mon ami Holmes ait retrouvé une telle énergie, ou au contraire me désoler à l'annonce du retour de Moriarty.
Le voyage fut pénible. Un fort vent d'ouest avait creusé la mer ; puis le train pour Paris se révéla particulièrement inconfortable.


La traque

Nous nous installâmes dans une pension de famille discrète. Il n'était pas question, bien entendu, d'alerter la police. D'une part, pour l'ensemble du monde, Moriarty était mort, d'autre part, Holmes ne jouissait pas ici de la même réputation que de l'autre coté de la manche et aurait donc eu le plus grand mal à convaincre ses interlocuteurs. Holmes me chargea plus particulièrement d'enquêter auprès des banques, partant du principe qu'une partie au moins des activités de Moriarty devait se faire au grand jour, et donc que par ce biais nous devrions obtenir des informations. De son coté, Holmes étoffait son réseau d'informateurs, une bande d'individus que je trouvais pour ma part plutôt louches, et dont je me demandais souvent pourquoi ils avaient choisi notre camp plutôt que celui de Moriarty. Le temps passait, et aucune information nouvelle ne transpirait. Moriarty et sa bande restaient introuvables.
Les premières informations concrètes arrivèrent par la filière financière. Grâce à la recommandation de quelques amis de la city, j'avais pu m'introduire dans certains cercles d'affaires assez fermés. « On » avait attiré mon attention sur les activités d'une entreprise dont les disponibilités semblaient disproportionnées comparées à son volume d'activité supposé. C'est ainsi que nous nous retrouvâmes, Holmes et moi, à arpenter les quais de la Seine à la recherche d'un hangar que nous suspections de servir de repaire à la bande.
Mais nous ne trouvâmes qu'une esplanade vide où traînaient quelques déchets calcinés. C'est à partir de ce moment que l'histoire prit un tournant absolument incroyable. L'enquête que nous menâmes dans le voisinage nous apprit que le hangar avait brûlé voici deux ans, dans des circonstances mal éclaircies. Quand nous décrivîmes Moriarty, plusieurs témoins se souvirent l'avoir vu souvent alentour, mais voici plus de quatre ans. Or, à cette époque, il était à Londres, préparant activement le vol des joyaux de la couronne !
Holmes était livide. Il avait expédié quelques télégrammes à des correspondants dans le monde entier, et donné des instructions précises à ses informateurs. Il ne parlait plus, sauf pour marmonner : « Lorsque vous avez éliminé l'impossible, ce qui reste, si improbable soit-il, est nécessairement la vérité ». Cette phrase je l'avais souvent entendu la prononcer, mais il semblait maintenant avoir besoin de se la répéter sans cesse pour se convaincre de son bien fondé.Un soir, il reçut un télégramme qui sembla le consterner. Il murmura même : « Oh non , pas monsieur Albert... ». Mais dans le même temps, probablement la perspective de l'action, il semblait avoir trouvé une énergie nouvelle. Le même soir, un tire-laine de ses relations lui apporta un pli, dont la lecture ébaucha un sourire sur son visage fatigué. A peine avait-il fini sa lecture qu'il enfilait déjà un de ses déguisements invraisemblables, après quoi je le vis disparaître dans la nuit vers une destination inconnue.


Première victoire

Il resta absent trois jours, sans donner signe de vie. Au moment où je commençais à me demander si je ne devais pas prévenir la police, me parvint un billet, manifestement de la main de Holmes, me demandant de le rejoindre à la nuit tombée dans un quartier mal fréquenté à l'autre bout de la ville. Je dus attendre de longues heures dans une rue mal éclairée. Plus haut, vers le boulevard, deux femmes de mauvaise vie s'adonnaient au commerce de leurs charmes. Et pour couronner le tout, voici que l'une d'elles, manifestement avinée, venait vers moi en titubant.


Je m'apprêtais au pire, quand je reconnus Holmes sous un déguisement, ma foi, tout à fait réussi, bien que parfaitement sordide. Il m'invita à le suivre, et nous entrâmes bientôt sous un porche où s'ouvrait une volée de marches luisantes que nous entreprîmes de descendre.
- Watson, j'espère que vous appréciez la visite : nous sommes dans les catacombes, le cœur de Paris !
Nous arrivâmes dans une vaste salle taillée à même le roc. Holmes se changea rapidement, et entreprit de me narrer les événements de ces trois derniers jours. Le récit qu'il me fit alors me laissa sans voix. Je le retranscris ici sans rien ajouter. La suite prouvera aux éventuels incrédules que tout ceci est strictement authentique.
C'est le fait que Moriarty ait pu être simultanément à Paris et à Londres qui avait donné la solution à Holmes. Si on admettait que les témoins ne s'étaient pas trompés, et que Moriarty n'avait pas de jumeau, il fallait effectivement qu'il fût en même temps – si on peut dire – à Paris et à Londres. La seule possibilité logique qui s'imposait alors était que Moriarty avait voyagé dans le temps !
Holmes avait été en contact avec de nombreux savants travaillant sur le sujet ici et là : le voyage dans le temps était un thème qui le fascinait. Holmes activa une fois de plus ses réseaux. Le télégramme qui était arrivé le soir de son départ confirmait qu'un vol et un enlèvement avaient eu lieu chez l'un d'eux : M. Albert, un extravagant savant belge injustement méconnu, et ami de longue date de Holmes, avait disparu dans des circonstances suspectes dix-huit mois plus tôt ; son atelier avait été trouvé vide, tous ses prototypes avaient disparu.
Holmes s'était dit que lors de leur retour à notre époque, les hommes de Moriarty devaient forcément être repérables. Il avait donc demandé dans le même temps à ses indicateurs de l'alerter en cas de rumeurs touchant à des apparitions ou à des phénomènes surnaturels. Le deuxième message ce soir là concernait justement des lueurs inquiétantes sortant des catacombes, accompagnées d'allées et venues de personnages peu avenants.
Holmes organisa alors une attaque en règle, qui réussit au-delà de ses espérances et confirmant l'incroyable hypothèse. Il avait capturé quelques membres du gang, que ses hommes maintenaient prisonniers en attendant la fin de cette affaire, et découvert un stock impressionnant de machines à voyager dans le temps.
Holmes avait commencé à interroger les prisonniers. Le stock de machines avait été construit en prévisions de projets de conquêtes spatio-temporelles d'une ambition folle, il avait même été question de faire main basse sur l'or des Incas.
Mais Moriarty dut rapidement déchanter. Si les voyages se passaient bien, les machines arrivaient toujours dans les endroits les plus improbables. De plus, même s'ils trouvaient quelque mauvais coup à jouer, une force inexplicable bloquait leur action. D'après Holmes, c'était tout à fait prévisible... Ils avaient donc abandonné leurs projets et les voyages dans le temps n'étaient plus utilisés que pour protéger le repaire de la bande.
Moriarty était donc revenu à des méthodes bien traditionnelles et contemporaines. Les hold-up et extorsions de ces derniers moi lui avaient permis d'amasser un trésor considérable.
Il l'utilisait pour financer des groupes d'agitateurs avec lesquels, le moment venu, il voulait prendre le pouvoir dans tous les pays développés.
Il fallait agir sans délai pour contrecarrer ses projets.Les prisonniers avaient confirmé que la cache se tenait bien dans le hangar que nous soupçonnions, et effectivement 4 ans en arrière.
Pour en protéger l'accès, Moriarty avait équipé toutes les machines d'un module de commande déroutant : pour parvenir jusqu'à lui, il fallait entrer dans la machine une succession de codes bien précise, chaque code correspondant à un saut dans le temps.
Aucun des malfrats ne connaissait les codes. Ils n'avaient jamais utilisé la machine : ce n'étaient que des subalternes affectés à la garde des catacombes.
Nous n'avions jamais été aussi prêts du but, et pourtant nous avions le sentiment de nous en être considérablement éloigné.
Il fallait agir sans délai pour contrecarrer ses projets.
Les prisonniers avaient confirmé que la cache se tenait bien dans le hangar que nous soupçonnions, et effectivement 4 ans en arrière.

Des nouvelles du temps

Malgré la confiance que j'accordais à l'esprit brillant de Holmes, une partie de moi refusait encore d'accepter son exposé : trop de choses trop nouvelles d'un seul coup, remettant en cause tant de certitudes confortables...
- Tout ceci est absurde, ridicule... Si ces machines fonctionnent, pourquoi Moriarty ne les a-t-il pas utilisées pour, disons, aller chercher des armes nouvelles dans le futur, trouver le n° gagnant de la loterie, capturer Midas ou je ne sais quoi encore ?
- Question très pertinente Watson ! Voyez-vous, mon vieil ami M. Albert est non seulement un inventeur brillant, mais aussi un théoricien exceptionnel. Il a bâti une théorie tout à fait convaincante de ce qu'il appelle : le continuum spatio-temporel, théorie d'autant plus convaincante que ces machines en sont une démonstration palpable.
- Pour autant qu'elles marchent ! Et alors ?
- Il en découle que le voyage dans le temps est toujours couplé avec un voyage dans l'espace. Et les équations mises au point par M. Albert ne laissant qu'un seul degré de liberté, vous ne pouvez choisir que le lieu OU la date. Un peu comme si vous vous déplaciez sur un plan, mais en restant le long d'une courbe imposée. Avec ça difficile d'aller faire ses courses dans le futur !
- Oui, mais en multipliant les tentatives, il finirait bien par trouver quelque chose ? Ou bien en faisant suivre un voyage pour une date donnée, par un déplacement plus traditionnel vers son objectif ?
- Sauf que le continuum espace-temps s'autorégule, se protège pourrait-on dire. C'est bien entendu une image, puisqu'il n'a pas de conscience. Les équations montrent clairement qu'il est impossible d'agir sur le continuum autrement que dans le "présent". Ainsi, dans le futur comme dans le passé, il faudrait mettre en œuvre une telle énergie pour modifier le cours de l'histoire que toute tentative est d'avance vouée à l'échec. J'imagine qu'il doit se passer une sorte de blocage, ou bien une force élastique de rappel s'opposant à l'action, proportionnellement à l'ampleur des ses conséquences sur l'histoire. Voire même une implosion... Je suis sûr que Moriarty a dû essayer et qu'il a pu le constater par lui-même. Le pauvre : dérober une si belle invention, et finalement ne pas pouvoir s'en servir. Il a dû dépenser une énergie folle pour fabriquer ce stock de machines, tout ça finalement pour ne s'en servir que pour protéger sa cachette !
- Admettons que nous parvenions à aller dans le passé, le continuum espace-temps nous laisserait-il capturer Moriarty et sa bande sans que l'élastique, heu, enfin bref ?
- Excellente question Watson ! Et bien, il y a fort à parier que oui ! Car nous serions alors en phase avec eux ! En phase ventri-nodale de torsion spatio-temporelle ! Et donc capables d'interagir. Enfin, c'est en tout cas ce que montrent les équations ...
- Bien ! Alors nous n'avons plus qu'à désactiver ce module de commande absurde ajouté par Moriarty, afin d'emprunter un chemin direct jusqu'à son repère !
- Pas si simple, venez par ici.
Holmes m'entraînait vers une machine en pièces détachées dont il entreprit de m'expliquer le fonctionnement.
- Voyez, ici vous avez le démodulateur asynchrone, et là le compresseur de champ. Quand le continuum entre en phase avec le résonateur magnéto-temporel, il se produit une distorsion compensée de l'espace et une dilation para-locale du temps. La machine est donc en quelque sorte aspirée ...
- Holmes, sur ce point, je vous fais confiance. Mais le module de commande ?
- Justement regardez : il est monté ici totalement imbriqué dans le compresseur de champ, avec des connections nombreuses vers tous les modules. Je pourrais à la limite faire quelques bricolages ou des réparations simples, mais je ne suis pas assez au fait des travaux de M. Albert pour réaliser une modification de cette importance.
- Alors ?
- Alors, nous allons retourner interroger les prisonniers.


Le défi

Les prisonniers étaient enfermés dans un cul de sac, un recoin des catacombes particulièrement sombre et humide. Quelques hommes de main de Holmes montaient la garde. Ils nous firent entrer dans une cellule inconfortable, où les cinq prisonniers étaient allongés sur des paillasses sommaires.
- Messieurs, permettez-moi de me présenter : John Watson, commençai-je.
Holmes me lança un regard furieux, comme si j'avais gaffé. Quand même ! Il s'agissait d'un interrogatoire, certes, mais nous n'en restions pas moins des gentlemen !
Dans le même temps, un des prisonniers s'était levé de sa paillasse, et se dirigeait vers nous. Deux gardiens s'assurèrent de sa personne, pendant qu'il éructait :
- Watson ? LE Watson ? Le DOCTEUR Watson ?
Je me demandais si je devais être flatté ou si je devais m'inquiéter de cette notoriété soudaine, mais il enchaînait déjà :
- Alors l'autre blaireau, là, c'est Sherlock Holmes ? Hé, machin, c'est toi Holmes ?
- Et à supposer que je le fusse ? Répondit l'intéressé.
- Eh ben si tu le fusses, il se pourrusse que j'aurusse un message pour toi, lança l'autre. Alors tu le fusses ou tu le fusses pas ?
- Je suis effectivement Sherlock Holmes. Alors ?
- Alors, une fois, le chef, y nous a dit comme ça : "Un jour, un type viendra, et écoutez bien je veux que vous fassiez quelque chose. Son nom est Sherlock Holmes et il sera immanquablement accompagné de son pote le docteur Watson." Alors, que j'y ai dit, vous voulez qu'on s'occupe de son cas, à la chère loque ? Mais le chef il a dit que ça serait plutôt lui qui s'occuperait de nous. Et je dois dire qu'y s'est pas trompé, le chef.
L'homme faisait manifestement des efforts surhumains pour mettre de l'ordre dans ses idées.
- Alors le chef il a dit de te dire que tu l'auras jamais par ce qu'il était bien plus fort que toi, la preuve c'est qu'il savait que tu allais venir. Et pour bien montrer qui c'est le plus malin, il a mis exprès pour toi des tas de machines à voyager dans l'temps et plein de questions vachement dures à chaque étape du voyage dans le temps de la machine. Celui qui trouve les réponses, il trouve le code pour le voyage suivant. Celui qui les trouve pas, euh, eh ben y trouve un code pour un autre voyage mais pas le bon. Et que comme ça tu tourneras en rond, toi et tes potes avec ses machines, sans jamais l'attraper parce qu'il est drôlement plus fort. Ou alors c'est que tu n'auras pas osé par ce que tu es une couille molle. Enfin il a pas dit couille molle mais je crois que ça voulait dire c..
- Et c'est tout ? coupa Holmes.
- Nan ! La première question elle est affichée là bas sur l'écran des machines. Et pis elle est drôlement dure parce que je l'ai lue mais j'ai pas trouvé. Alors que normalement je suis vachement malin et même que je sais lire.
- Autre chose ?
- Voui, j'ai beaucoup parlé alors j'ai drôlement soif.
Holmes ne releva pas. Il semblait un peu agacé que Moriarty l'ait deviné :
- Un défi ! Quelle bouffonnerie ! Un défi, à Holmes ! Pas besoin de défi : contrecarrer les plans de ce criminel dément est une motivation plus que suffisante !
Holmes avait promptement rejoint la grande salle et s'installait déjà aux commandes d'une machines à voyager dans le temps.
- Voyez vous ça ! Si c'est avec ce genre de questions que Moriarty pense m'arréter ! Ou alors il me prend vraiment pour un amateur ! En route, Watson, le destin du monde est entre nos mains !

Le retour

Nous avions parcouru les époques les plus improbables, résolu les énigmes les plus invraisemblables et nous touchions enfin au but. Devant nous se dressait un ultime obstacle : une porte en acier, et derrière, à n’en pas douter, le repaire de Moriarty.
D’après ce qui était affiché par la machine, un dernier saut devait nous transporter à quelques minutes de là, mais de l’autre coté de la porte, mais il fallait pour cela saisir un à un tous les codes que nous avions utilisés pour arriver jusque là.
- Et ensuite, à l’attaque ! S’exclama Holmes. Pendant qu’il s’affairait à lister les codes, je me demandais comment Holmes imaginait qu’à nous deux nous pouvions circonvenir une bande de malfaiteurs armés jusqu’aux dents. Peut-être espérait-il qu’en nous voyant monter à l'attaque, ils allaient mourir de rire ?
Mais après deux heures de tentatives appliquées et de vérifications soigneuses, la porte restait définitivement close : au moins un code était faux.
- Watson, l’heure est grave. Je crois que le moment est venu d’aller chercher de l’aide, si nous voulons venir à bout de cet imbroglio dans un temps raisonnable.
- De l’aide ? Mais quelle aide ?
- Watson, vous allez rentrer en 1894 pour y récupérer le stock de machines. Si j’ai bien interprété ce que j’ai lu lors de notre passage en 2003, vous devriez rapidement voir arriver, du monde entier, tout un tas de volontaires prêts à nous épauler.
- ?
- Promettez leur une récompense. Vous savez, la prime de £500 000 promise pas la reine? Elle n'a jamais été ni attribuée, ni suspendue.
- ? ?
- C’est pourtant simple ! Tout ce que vous avez à faire est de rentrer à Paris en 1894. Là, vous expédiez le stock de machines en 2003. Vous-vous souvenez du code pour cette destination ? Et vous attendez. Quand les chercheurs d'énigmes arriveront, vous leur expliquerez, mais pas trop : inutile de leur donner nos solutions car au moins une est fausse, et ni même l’ordre de notre parcours !
Je préfère ne pas les induire en erreur : laissons-les aborder tout ça avec un regard neuf. Pendant ce temps, je vais refaire le parcours et me pencher à nouveau sur les énigmes, pour essayer de trouver ce qui ne va pas.
Enfin si ça peut vous rassurer, sachez que je connais Moriarty mieux qu’il ne se connaît lui-même : jamais il ne modifiera les règles en cours de partie, ni ne tentera de neutraliser nos renforts en les interceptant sur leur parcours. Ce serait alors pour lui un aveu d’échec.
- ? ? ?
- Oui Watson, vous aviez une question ?
- Pour aller en 2003 : pas de problème, mais comment vais-je rentrer en 1894 ? Nous ignorons ce code là !
- Elémentaire, mon cher Watson ! Moriarty avait besoin de protéger l’accès à son repère, d’où la multiplication des sauts et ces énigmes énervantes. Mais dans l’autre sens, lui et ses hommes ont besoin d’être rapides et efficaces. Et aucun besoin de protection. Donc un seul code suffira pour rentrer.
- Jolie démonstration, mais lequel ? Cela laisse encore un certain nombre de millions de possibilités !
- Effectivement, mais il vous suffit de vous mettre à la place de votre adversaire. Son ego est à l’image de son ambition machiavélique : démesuré. Je connais bien notre homme ! Voulez vous parier que le mot de passe pour le retour est «Moriarty» ?
- Parier, parier, soit, mais si vous perdez, qui est-ce qui gagne ? Vous me permettrez, une fois n’est pas coutume, de ne pas être convaincu de l’implacabilité de votre démonstration.
- Watson, vous faites du mauvais esprit. Que risquez vous, après tout ? Au pire vous échouerez dans une autre époque. Votre situation n’aura donc pas particulièrement empiré ! Alors que moi, en admettant, chose totalement improbable, que je me sois trompé, je risque le déshonneur, ou pire, le ridicule !- Et puisque vous êtes si malin, dites-moi donc : comment les machines vont-elles revenir de 2003 ?
- Watson, je suis content de voir que vous vous ressaisissez. Excellente question ! Regardez donc ici. Vous voyez cette connexion entre le compresseur de champ et le régulateur tangentiel de flux ? Vous la débranchez, comme ça, avant de l’envoyer vers 2003. Et dès que quelqu’un manipulera la machine, elle reviendra vers son point de départ. Maintenant, montez, je vous prie.
Je dois reconnaître que je n’étais qu’à moitié convaincu, mais Holmes n’avait pas tout à fait tort : que risquais-je après tout ? Je me décidai à tenter cet ultime saut dans le temps. Je m’attendais au pire, et fus absolument soulagé de me retrouver à notre point de départ dans les catacombes. Je retrouvais les amis d’Holmes, qui se montrèrent très efficaces, et presque d’agréables compagnons. Nous eûmes tôt fait d'expédier tout le stock de machines en 2003, comme l'avait demandé Holmes. Il ne me restait donc plus qu’à attendre l’aide promise…